Déjà, nous dit la presse, près d'un quart des deux incomparables sculptures géantes de cette antique civilisation de la province de Bamiyan ont été détruites.
Un grand nombre d'experts ont exprimé leur indignation et leur inquiétude et ont appuyé les initiatives prises par le Directeur général pour tenter de sauver ces statues.
Mais c'est par obscurantisme et étroitesse d'esprit que l'on associe au concept d'idolâtrie la créativité artistique de l'humanité telle qu'elle se manifeste dans les sculptures, les peintures, etc.
La statue, qui occupe une place bien en vue, est un constant rappel à tout passant qu'il faut dire « non » à la violence à l'égard des femmes et des enfants.
On peut se demander jusqu'à quel point accéder à cette requête aurait pu assurer la protection requise de ces statues contre les intentions diaboliques de vandalisme émanant de l'obscurantisme étroit des Taliban.
La première approche, qui a trouvé son expression dans l'application du décret relatif à la destruction des statues, donne à penser que les Taliban sont actuellement dominés par des éléments plus radicaux.
Nous espérons vivement que l'on acceptera les propositions que nous avons formulées pour l'organisation d'une exposition conjointe des sculptures du Parthénon à Athènes, sous l'égide du Musée de l'Acropole et du British Museum.
Sur le site le plus célèbre du pays, Hadda, près de Jalalabad - stupa et monastère construits du second au septième siècle et réputés pour leurs sculptures gréco-romaines - pas une statue n'a échappé au pillage.
Les statues de Bamiyan sont des statues du Bouddha, mais c'est l'Allemagne, qui n'est pas un pays en majorité bouddhiste, qui a présenté un projet de résolution sur la préservation de ces statues à l'Assemblée générale.
Cet incident coïncidait avec les manifestations organisées à Tallinn et à Moscou pour protester contre le déplacement par les autorités estoniennes d'une statue commémorant la Deuxième Guerre mondiale qui avait été érigée sur une place de Tallinn.