Jeanne enfonça soigneusement le bouchon du rhum, tandis que Lucie mettait les biscuits sous clef. La pièce avait la propreté froide des salles où la table est maigrement servie.
Nana, ennuyée, finit par baver tout son vin sur son corsage ; ce fut une affaire, on la déshabilla, on lava immédiatement le corsage dans un verre d’eau.
Il n’osait la toucher, par crainte d’admonestation nouvelle, et il cherchait par quelle malice, par quelle adresse, il pourrait s’en emparer sans éveiller les remarques de Pierre.
Eh bien ! on leur donnerait une leçon, on leur prouverait qu’on n’était pas chien. Gervaise aurait mis sa table au travers de la rue, si elle avait pu, histoire d’inviter chaque passant.
La fruitière, la tripière, les garçons épiciers disaient : « Tiens ! la vieille va chez ma tante » , ou bien : « Tiens ! la vieille rapporte son riquiqui dans sa poche. »
Et il restait là jusqu’au soir, à jouer des canons au tourniquet ; il avait l’œil chez François, qui promettait formellement de ne jamais présenter la note à la bourgeoise.