Les gens s’enlaçaient, les corps se nouaient l’un à l'autre, rien ne pouvait plus les défaire. Les gestes étaient intactes, parfois malhabiles mais toujours tendres.
Girard passa sa blouse neuve, noua son mouchoir autour des abricots, et marchant à grands pas lourds dans ses grosses galoches ferrées, prit tranquillement le chemin d’Yonville.
Au premier coup des vêpres, elle le réveillait, brossait son pantalon, nouait sa cravate, et se rendait à l'église, appuyée sur son bras dans un orgueil maternel.
Et il parlait haut, s'épanouissait au milieu de la fièvre collective, des pourboires royaux qui sonnaient autour d'eux et des intrigues qui se nouaient devant leurs yeux.
Oui, la peste était finie avec la terreur, et ces bras qui se nouaient disaient en effet qu'elle avait été exil et séparation, au sens profond du terme.