Vers minuit, quelques étoiles brillèrent, et si l’ingénieur eût été là, près de ses compagnons, il aurait pu remarquer que ces étoiles n’étaient plus celles de l’hémisphère boréal.
Il devait en être de même dans l’hémisphère austral, et la fin du mois d’août, qui est le février de l’Amérique du Nord, n’échappa pas à cette loi climatérique.
À cette époque de l’année, au commencement de ce mois d’avril, qui représente dans cet hémisphère le mois d’octobre, c’est-à-dire au début de l’automne, le feuillage ne leur manquait pas encore.
La saison d’hiver commença véritablement avec ce mois de juin, qui correspond au mois de décembre de l’hémisphère boréal. Il débuta par des averses et des rafales qui se succédèrent sans relâche.
Le vent sautait à tous les points de l’horizon, et le cyclone, partant de l’est, y revenait en passant par le nord, l’ouest et le sud, en sens inverse des tempêtes tournantes de l’hémisphère austral.
Mais pourquoi donc, s’il vous plaît, monsieur Smith, demanda Pencroff en fronçant le sourcil, pourquoi donc notre hémisphère, comme vous dites, est-il si mal partagé ? Ce n’est pas juste, cela !
Puis, à mesure que s’évasait le cratère, apparurent Fomalhaut du Poisson, le Triangle austral, et enfin, presque au pôle antarctique du monde, cette étincelante Croix du Sud, qui remplace la Polaire de l’hémisphère boréal.