Un monde sans sida est-il possible?

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Michel Sidibé, nous parlions tout à l'heure pour 2020, dans quelques années, de l'objectif 90, en gros 90 % des porteurs du virus qui ont accès au soin.

Il y a un autre objectif que l'on voit, c'est l'objectif 0. C'est-à-dire, en 2030, dans 15 ans, on peut imaginer un monde sans sida ?

Moi, je pense qu'on peut l'imaginer si on change complètement l'architecture de la santé mondiale aujourd'hui. Ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on a un système de santé qui ne répond plus.

Il nous faut nécessairement créer. Et je vais porter ce combat-, parce que je pense qu'on peut créer de l'emploi, on peut faire en sorte qu'il y ait 2 millions d'agents de santé aujourd'hui au niveau communautaire.

Et c'esten créant ces emplois-, on réduit la vulnérabilité, on donne la chance à des jeunes, on peut arrêter la migration quelque part. Et le sida peut être un point d'entrée.

On l'a vu avec l'Éthiopie : 37 000 agents de santé communautaire qui ont aujourd'hui accès à un emploi, le Rwanda qui essaie de le faire, le Ghana qui essaie de le faire.

Et je crois que ça, c'est important. Si on change pas ça, on n'aura pas accès aux populations ; on l'a vu avec Ebola, on l'a vu avec Zika.

Si on n'a pas la proximité avec les populations, on ne va pas gagner. Et pour aller vite, pour faire en sorte que le traitement puisse atteindre les populations, et qu'il y ait une suppression de la charge virale, et qu'il n'y ait pas de résistance, il faut aller vers ça.

Il faut créer de l'emploi, il fautOn n'a que 3 %. En Afrique je vous donne un exemple concret : 25 % du poids de la maladie, 3 % seulement des professionnels de santé qui existent en Afrique.

On peut créer des agents de santé, on peut avoir un sous-système de santé aujourd'hui avec deux millions d'agents de santé communautaire qu'on peut créer.

Et ça donneraça réduit la vulnérabilité, ça donne à ces jeunes la possibilité d'avoir de l'emploi et aussi, certainement, un impact par ricochet sur la migration.

Est-ce qu'il n'y a pas aussi, parallèlement aux agents de santé, des agents éducatifs ? Parce que vous parliez des jeunes filles tout à l'heure, et y aura beau avoir des agents de santé, c'est peut-être au stade d'avant, à l'école, qu'elles peuvent apprendre à résister, à s'informer

Sandrine a raison parce que quand vous regardez pourquoi il n'y a pas de dépistage pour les jeunes filles. Pourquoi ? Il y a plusieurs facteurs.

On sait aujourd'hui que 80 % des jeunes filles, je dis bien des jeunes filles, ne finissent pas l'école secondaire en Afrique aujourd'hui.

80 % ne finissent pas l'école secondaire. Donc, pas d'éducation. Et on sait que chaque année supplémentaire de scolarisation réduit de 7 % les nouvelles infections.

C'est incroyable ! Donc, il faut aller vers l'éducation. Mais aussi, il faut se battre contre les violences sexuelles, parce qu'on sait qu'on a un vrai problème avec les grossesses précoces.

Et on sait aussi que lorsque les avortements sont clandestins, on a des séries de problèmes qui sont liés aussi à l'absence d'éducation, à l'absence de chances au niveau économique.

Donc, elles sont prises en otages par plusieurs facteurs, au niveau social, au niveau bien sûr du positionnement de la femme dans la société. Ce sont des questions qu'il faut aborder.